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Réserves de Biosphère, Dialogue Méditerranéen et Richesse Naturelle: Workshop thématique // Bzommar, Liban, 29 Avril – 2 Mai

(Rome, 14 Mai 2019) – «Nous cherchons à établir un réel dialogue au sein de la Méditerranée entre pays qui ont une richesse naturelle et une affinité culturelle» a déclaré Monsieur Pierre Doumet, Président de l’Association de Protection de la Réserve de Biosphère Jabal Moussa, à l’occasion du premier workshop thématique du projet Erasmus+ Edu-BioMed, Capacity building for education and applied research on Mediterranean UNESCO’s biosphere reserves, qui s’est tenu au Liban du 29 avril au 2 mai 2019.

Le projet Edu-BioMed vise à renforcer, améliorer et mettre à jour l’activité académique au sein de quatre établissements d’enseignement supérieur (American University of Beirut, et Université Saint-Joseph au Liban; Université Cadi Ayyad, et Université Mohammed V de Rabat, au Maroc) dans le cadre des réserves de biosphère méditerranéennes, en collaboration et au travers des différentes parties prenantes de ces réserves (citoyens, visiteurs, managers et techniciens), des administrations publiques et des partenaires de l’Union européenne.

La ”Réserve de biosphère” est un label de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) et fait référence à une “zone comprenant des écosystèmes terrestres, marins et côtiers [que] favorise des solutions conciliant la conservation de la biodiversité et son utilisation durable”, selon la définition donnée par cette organisation. Une réserve de biosphère n’est pas seulement une aire protégée, c’est une “aire protectrice”, comme l’explique M. Pierre Doumet. Cela inclut l’eau, l’air, les plantes, les fleurs, la faune et la flore, et même les humains. La stratégie de Séville est le document de référence en la matière, laquelle, adoptée en 1995, fournit des critères ainsi qu’un cadre statutaire aux réserves de biosphère, incluant en leur sein la notion d’un développement plus durable, et non plus seulement lié à la conservation et à la recherche scientifique.

Biodiversity

Comme l’ont noté Madame le professeur Roser Maneja et Monsieur Antonio Bontempi, de l’Universitat Autonoma de Barcelona, coordinateurs du projet, c’est la première fois qu’un projet Erasmus+ est centré sur les réserves de biosphère. Il y a un besoin au sein de ce projet d’identifier les nécessités de ces réserves, de réfléchir à la façon de gérer les stratégies de recherche collaborative ainsi que les mobilités étudiantes.

Au préalable de cette rencontre au Liban, les différentes universités partenaires ont mis en place des questionnaires afin de mieux évaluer l’état des connaissances des étudiants et professeurs en matière de biosphère. Les résultats de ces questionnaires ont démontré la nécessité de clarifier le concept même de Réserve de Biosphère. De fait, les professeurs et étudiants des différentes facultés des universités impliquées ont répondu de manière très différente quant à leur perception et connaissance de cette notion et de ce qu’elle implique concrètement.

Au travers des diverses présentations pendant le meeting, la question des réserves de biosphère a été abordée et discutée selon plusieurs approches: une approche cognitive (état des lieux des connaissances des communautés locales pour protéger l’environnement par ex), une approche affective (motivations et intérêts) et une approche projective (attentes). De nombreux éléments ont été soulignés par les intervenants, comme les problèmes d’exploitation des ressources sans tenir compte de l’impact environnemental, la non-vulgarisation des lois concernant la protection de l’environnement, le besoin de dynamiser les partenariats, la nécessité de mener des formations en écologie, d’établir des cartographies locales, des ressources, des métiers et des initiatives… En quelques mots, il s’agit de « gagner le pari de la participation […] il faut valoriser les acteurs et les gens à travers un processus participatif», comme l’a  déclaré Madame Catherine Cibien, présidente du MAB France, programme l’Homme et la Biosphère en France.

Les instruments légaux et mécanismes de gouvernance, qui représentent un des grands défis du projet Edu-BioMed, ont été étudiés au niveau des quatre pays impliqués dans le  projet que sont l’Espagne, la France, le Liban et le Maroc. La diversité de situations en matière de gouvernance a été soulignée. Cela fait référence à la présence dans les lois nationales de la notion de réserves de biosphères et aux comités scientifiques au niveau local. Cela touche également à l’application des objectifs de développement durable, à l’obtention de financements et à la participation des citoyens. Il faut donc, comme suggéré par MAB France, tenir compte d’une approche généralisée, orientée de manière écocentrique, et intégrant les objectifs de protection et de transition sociale et écologique.

Un «world cafè» a été organisé afin de permettre aux participants de réfléchir sur certaines thématiques spécifiques: (i) le développement d’outils informatiques pour la recherche scientifique interdisciplinaire, collaborative et citoyenne; (ii) l’identification de quelques études de cas au sein de Reserves de Biosphère libanaises et marocaines; (iii) la définition de stratégies de mobilités étudiantes entre le Maroc et le Liban; (iv) la production de matériel éducatif sur les réserves de biosphère méditerranéennes; (v) actualisation des programmes universitaires en la matière, (vi) proposition de réformes des politiques environnementales dans les différents pays. Il a également été convenu que l’enseignement supérieur et la recherche sur ce sujet devrait être axé sur: (i) la diversité géologique et la biodiversité; (ii) l’étude des paysages (iii) le développement socio-économique et (iv) la gouvernance.

A l’occasion de ces jours de réunion, les partenaires ont eu la possibilité de visiter la réserve de biosphère Jabal Moussa et de Shouf. Cela leur a permis de constater sur le terrain la richesse et l’importance d’un patrimoine naturel tel que celui d’une réserve de biosphère.

Monsieur Martí Boada, professeur de l’Universitat Autonoma de Barcelona, géographe, naturaliste et docteur en sciences de l’environnement a également participé aux travaux. Il a souhaité clarifier, lors de son intervention, l’importance des réserves de biosphère et le but de ce projet: «la réserve est un espace de monitoring et non pas un simple travail académique. Les chercheurs ne doivent jamais oublier que la lutte pour l’environnement est la priorité». En tout état de cause, «le projet Edu-BioMed est une opportunité, un projet innovant qui a la capacité de faire se rencontrer les mondes académique et de l’innovation».

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Le projet Edu-BioMed est coordonné par l’Universitat Autonoma de Barcelona (Espagne) et implique également d’autres partenaires que les quatre universités partenaires, tels que l’Université d’Aix Marseille (France), le MAB France, (France), l’Association pour la Protection de Jabal Moussa – APJM (Liban), et l’UNIMED – Union des Universités de la Méditerranée (Italie).

Pour suivre les développements et les activités du projet: 

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